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Achats · Nomenclature

Massification impossible : comment une BoM fragmentée vous prive de vos leviers de négociation

14 octobre 2026 Graphicient 9 min de lecture
La même pièce, deux références, deux prix : 12,00 € chez la marque A, 14,50 € chez la marque B

Une direction achats sait combien elle dépense chez chaque fournisseur. En revanche, elle sait beaucoup moins bien ce qu'elle achète en double, ou sous deux références différentes, dans deux usines, à deux prix différents.

Cet écart entre le spend que vous voyez et les volumes que vous pourriez réellement regrouper explique pourquoi tant de plans de massification des achats s'arrêtent à mi-chemin dans l'industrie.

Le problème vient de la nomenclature.

01

Qu'est-ce que la massification des achats ?

La massification consiste à regrouper les volumes d'achat sur un nombre réduit de fournisseurs pour obtenir de meilleures conditions commerciales. Nicolas Ruban la décrit ainsi dans Économie Matin (juin 2025) : concentrer les volumes, rationaliser le panel, puis négocier avec le poids réel de l'entreprise plutôt qu'avec celui de chaque site ou de chaque projet.

Les gains attendus sont connus de toute direction achats :

PRIXUn volume consolidéUn prix unitaire plus bas et des conditions plus favorables : délais, pénalités, stocks de sécurité portés par le fournisseur.
PANELUn panel resserréMoins de contrats à suivre, moins d'audits qualité, moins de référencements à maintenir.
RELATIONUn fournisseur engagéUn poids significatif dans sa dépense l'incite à investir : co-développement, engagement de capacité.

Dans l'industrie, un département achats doit donc massifier pour une raison simple : c'est la seule façon de faire valoir la taille de l'entreprise face à des fournisseurs qui, eux, voient très bien le total de ce qu'ils vous vendent. Un acheteur qui négocie site par site se présente comme un petit client, même quand il appartient à un grand groupe.

Pour regrouper des volumes, il faut d'abord savoir qu'ils sont regroupables.

Dans les services, cette connaissance est accessible. Dans l'industrie, elle est enfouie dans la BoM.

02

Pourquoi la massification se heurte à la réalité industrielle

Dans l'industrie, la dépense prend la forme d'une nomenclature, la BoM (Bill of Materials), qui décrit chaque produit comme un arbre de sous-ensembles, de pièces et de matières. Un même capteur peut apparaître dans quinze produits, sous des codes différents, acheté par trois entités. Trois écueils rendent sa consolidation difficile.

2.1La supply chain impose ses propres contraintes

Massifier sur un seul fournisseur augmente la dépendance. La direction supply chain, elle, a passé les dernières années à faire l'inverse : ouvrir une seconde source, régionaliser, sécuriser, pour tenir son objectif principal : délivrer le produit en temps et en heure, sans risque.

74 % des CPO citent le maintien de sources alternatives actives comme stratégie de réduction des risques, selon l'enquête 2025 de Deloitte auprès des directeurs achats.

Les deux objectifs se concilient, à condition d'arbitrer avec une vue pièce par pièce : quelles références sont mono-source, lesquelles sont critiques, lesquelles peuvent être regroupées sans créer un point de défaillance. Sans cette vue, l'arbitrage se fait à l'aveugle, ou ne se fait pas.

2.2Le sourcing des matériaux complique l'équivalence

Deux pièces qui remplissent la même fonction ne sont pas toujours substituables. L'alliage, le pays de fusion, la certification du forgeron, le régime douanier applicable changent le prix réel et le risque. La Section 232 américaine sur l'aluminium et l'acier, dont les taux et le périmètre ont changé plusieurs fois depuis 2025, en est un exemple concret : une pièce forgée en acier et une pièce équivalente en titane n'ont ni la même exposition tarifaire ni la même exposition d'origine.

Pour massifier sur une famille de pièces, l'acheteur doit donc comparer des références dont l'équivalence fonctionnelle est connue de l'ingénierie, tandis que les conditions d'achat sont connues des achats, et les contraintes matière connues de la qualité.

INGÉNIERIEÉquivalence fonctionnelle
ACHATSConditions d'achat
QUALITÉContraintes matière

Trois services, trois systèmes. Aucun ne se parle dans la vraie vie.

2.3La consolidation des fournisseurs bute sur la donnée

C'est le point de blocage le plus fréquent. Le PLM raisonne en plateformes et en fonctions. L'ERP raisonne en références et en commandes. Le système contractuel raisonne en fournisseurs et en conditions. Aucun pont automatique ne relie les trois.

Une même pièce achetée sous deux codes, par deux marques d'un même groupe, auprès de deux fournisseurs, reste invisible tant que personne ne fait l'extraction, la jointure et le nettoyage à la main. Deloitte mesure le coût de ce cloisonnement : 57 % des CPO citent les modes de travail en silos comme premier obstacle interne à la création de valeur.

Le résultat est une massification qui ne dépasse pas ce qu'un analyste a pu reconstituer en quelques semaines dans un tableur. L'analyse est obsolète le jour de sa publication, parce que la BoM a changé entre-temps. Et la question suivante (« et sur les pièces plastiques ? ») repart de zéro.

Massification des achats : surmonter la BoM fragmentée. 57 % des CPO citent le travail en silos ; +20 % d'écart de prix sur une même pièce ; 74 % des CPO maintiennent des sources alternatives ; unifier la BoM dans un graphe de connaissance.
03

Comment Graphicient rend la BoM lisible pour les achats

Graphicient a construit une plateforme de graphe de connaissance pour l'industrie qui répond précisément à ce problème. Le principe : connecter les données dispersées (PLM, ERP, contrats, qualité, fournisseurs) dans un graphe unique, puis le traverser comme on traverse une BoM.

MarqueModèlePlateformePièceContratFournisseur

3.1Agnostique de la source de donnée

Le graphe ne remplace aucun système en place. Il se construit au-dessus, par import (ETL, CSV, connexion aux datalakes existants) et par une ontologie définie sans code : les concepts métier de l'entreprise, et les relations entre eux. Une pièce « contient » des composants, est « achetée via » un contrat, « négociée avec » un fournisseur.

Une relation d'équivalence fonctionnelle relie deux pièces de codes différents qui remplissent la même fonction. C'est cette relation qui manque dans tous les ERP, et qui rend la massification possible.

Le modèle appartient au client, s'exporte, se versionne et s'enrichit sans casser l'existant. Pour une direction achats, cela signifie que la question « quelles pièces de mon périmètre sont équivalentes et achetées à des prix différents ? » devient une traversée du graphe, et plus un projet data de six semaines.

3.2Remonter à la source et suivre le raisonnement de l'IA

C'est le point qui distingue l'approche d'un simple assistant conversationnel branché sur des documents. Chaque réponse affiche le chemin suivi dans le graphe : les concepts traversés, les relations empruntées, les objets retenus. Un bandeau indique « réponse tracée » et le nombre de chemins. L'utilisateur peut zoomer sur les objets impactés, vérifier chaque lien, contester le résultat et le documenter dans une décision.

« La réponse n'est pas générée de mémoire : elle est lue dans vos données. »

« Ce que le graphe ne contient pas, l'assistant ne l'invente pas, il le dit. »

Graphicient · page Interroger →

Pour un acheteur qui va porter un chiffre devant un fournisseur ou devant son comité de direction, cette traçabilité change tout. Un prix d'équivalence sorti d'un tableur se discute. Un prix d'équivalence dont on peut dérouler le parcours jusqu'à la ligne de contrat se défend.

3.3Gagner du temps en posant une question en langage naturel

Le cas d'usage que Graphicient publie sur la commonalité entre marques illustre l'ordre de grandeur, sur un groupe automobile à plusieurs marques. Une seule question posée en langage naturel fait apparaître :

+20 %un capteur acheté 12,00 € par une marque et 14,50 € par une autre
162 k€d'économie potentielle sur une poignée de porte à 21,20 €, 60 000 unités par an
240 000unités cumulées sur un contrat déjà partagé entre deux marques

Ce dernier point montre que la massification existe parfois déjà, sans être reproduite ailleurs.

Le même exercice sans graphe demande plusieurs semaines, un data analyst, des extractions dans trois systèmes et un accord préalable entre services sur la définition d'une « pièce équivalente ». Avec le graphe, la question est posée, la réponse est chiffrée, et la question suivante s'appuie sur la précédente. Une question récurrente se fige en requête réutilisable par toute l'équipe, dont le résultat se met à jour à chaque nouvelle donnée. Le chiffrage sort du graphe, et plus d'un tableur.

Le second cas publié, sur l'exposition d'un avionneur aux pièces forgées, montre la même mécanique appliquée au risque :

530pièces analysées
5 QUESTIONS
15pièces prioritaires

Le périmètre se resserre en croisant régime douanier, mono-source, traçabilité matière et santé financière du forgeron. Pour les achats, c'est exactement l'arbitrage massification contre sécurisation évoqué plus haut, rendu praticable.

04

Ce que cela change pour une direction achats

La massification des achats dans l'industrie dépend d'abord de la lisibilité de la BoM. Une nomenclature éclatée entre PLM, ERP et contrats cache les volumes regroupables, les équivalences fonctionnelles et les contrats déjà mutualisés. Les leviers de négociation existent. Ils sont simplement invisibles.

Un graphe de connaissance qui traverse la BoM, reste indépendant des systèmes sources et expose le raisonnement derrière chaque réponse rend ces leviers visibles, chiffrés et défendables. Graphicient propose de modéliser un échantillon de vos données produits et achats pour répondre à vos propres questions sur votre propre périmètre.

Et vous, combien de pièces votre groupe achète-t-il aujourd'hui sous deux références à deux prix ? Posez la question à Graphicient.

Sources
  1. 01Nicolas Ruban, « Stratégie de massification des achats : bonne ou mauvaise idée ? », Économie Matin, 21 juin 2025 — economiematin.fr
  2. 02Deloitte, 2025 Global Chief Procurement Officer Survey, communiqué du 19 août 2025 — deloitte.com
  3. 03Graphicient, « Interroger » — graphicient.io/interroger
  4. 04Graphicient, cas d'usage « Une pièce, plusieurs marques » — graphicient.io/cas-02-une-piece-plusieurs-marques
  5. 05Graphicient, cas d'usage « Pièces forgées, tarifs mouvants » — graphicient.io/cas-01-pieces-forgees-tarifs-mouvants

Vos leviers de négociation, enfin visibles

Nous modélisons un échantillon de vos données produits et achats pour répondre à vos propres questions, sur votre propre périmètre.

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